Les
jardins Renaissance sont nés en Italie du Sud.
Rome possède d'extraordinaires jardins, antérieurs aux jardins florentins.
Mais, c'est Florence qui fusionna "le décor végétal napolitain et l'imaginaire
romain", jusqu'à imposer un style: le jardin à l'italienne.
On
reconnait ce style dans
- 1 - l'ordonnancement des végétaux,
- 2 - la présence de l'eau reposante
- 3 - et de la pierre des statues à l'antique.
Les
jardins ne sont pas seulement un décor autour d'une maison. Les végétaux
dessinent des parterres géométriques, les allées aux
perspectives fuyantes ou s'ouvrent sur le paysage alentour, faisant de
ce paysage, un élément esthétique du jardin. La symétrie, l'ordre et les
proportions s'appuyent sur la science géométrique. La perspective devient
prioritaire, rendant essentiels les plans dégagés, visibles de la maison ou
d'une esplanade.
La
technique du jardin est devenue un art. La statuaire
est intégrée au décors végétal, élevant
l'âme vers la beauté suprême et fait de l'homme, un demi-dieu
créateur.
La
nature se reconnait dans l'ordre que l'homme lui impose.
En
cascade, chute d'eau contrôlée, jets d'eau, l'eau,
arrachée à la pesanteur, est une illustration de la physique maîtrisée par
l'homme. L'eau, c'est elle qui parcourt et lie les mondes minéral, végétal
et animal, pour se déverser dans les bassins du jardin. Mais cette eau finit
immanquablement dans les grottes obscures et mystèrieuses.
Là,
elle devient plus sage sous le règne du minéral
: pierre ponce évocatrice des feux souterrains, cristaux de roche (Pratolino)
évoquant les richesses de ce monde intérieur, coraux et coquilles. Un monde
minéral peuplé de chimères, sphynges, monstres, sirènes et autres créatures
de l'étrange : les grottesche (grotesques). En même temps, ce monde imparfait
porte l'empreinte de la raison humaine, en la présence d'automates.
Les
jardins florentins sont une technique, une philosophie.
Mieux
même, un art de vivre...