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Une maison sur les collines de Quattro Castella
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Une maison sur les collines de Quattro Castella
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Par
Françoise Beck

En tant que journaliste radio, j’ai réalisé, il y a quelques années, après avoir vécu là-bas, une émission sur l’Emilie. Je vous en livre de larges extraits, qui me permettront de partager, avec vous, notre attachement à l’Italie.



L’Italie… cela n’existe pas. Dès le Pô franchi se suivent à l’infini une foultitude de petits pays. Ils sont imbriqués les uns aux autres, avec la précision et l’harmonie d’un puzzle géant. Des petits pays, avec une âme, une histoire, une personnalité.



Notre terre de cœur, c’est donc l’Emilie, où nous sommes chez nous depuis des dizaines d’années. Nous y avons habité, nous y avons travaillé.

Nous avons le bonheur d’occuper une charmante maison sur les collines de Quattro Castella, en plein oasis de protection des animaux. Le soir, les champ alentour reçoivent la visite des chevreuils farouches qui, certains jours, s’aventurent même jusque sur la terrasse.



Du chemin, nous apercevons, en soirée, le château de Bianello, illuminé.

De la maison, la vue est mirifique ! On y voit les Apennins, et même, par temps particulièrement clair, les Alpes. Des dizaines de kilomètres, et encore plus, sur lesquels s’étendent des vignes, où pointent des petits ou de moins petits toits rouge, où sont étendus pudiquement de petits bosquets. Plus près, on voit la cantina sociale, où se fait le vin. Plus près, on voit la fromagerie, la latteria. On y fabrique, avec un art propre à la région, le parmesan. Les Emiliens appellent le Parmiggiano Reggiano le roi des fromages. Il est fabriqué à base de lait de vache de première qualité, uniquement à droite du Pô et selon des normes de production très strictes. Une fois fabriqué, il sort de la latteria par meule de 35 kg avec, sur sa croûte, fièrement apposée l’appellation Parmiggiano Reggiano.



A gauche, nous voyons Monte Falcone. C’est un ancien couvent franciscain. Le moine poète Donizone y a écrit la biographie de Matilda di Canossa, la comtesse qui accueillit le pape Grégoire VII, de qui Henri IV, le Germain, souhaitait obtenir le pardon. De là vient l’expression aller à Canossa.

Monte Falcone, donc, fut à l’époque napoléonienne une école militaire sous l’égide du duché de Modène. Plus tard, on le loua à des journaliers. Déjà abîmé, il devient un abri pour les réfugiés de Vénétie pendant la Première Guerre mondiale, comme il le fut lors de la Seconde.

Après, le bâtiment fut à nouveau habité par des journaliers, avant de contenir en ses murs un élevage de poulets intensif !

Le Province, la région et des intérêts privés l’ont désormais fait restaurer et on y trouve des logements, un hôtel, …



J’ai pour habitude de dire que la région respire la quiétude. Le soir, quiconque vient ici est fasciné par les mille lumières, qui scintillent sur toute la plaine. On dit que, déjà au temps des Romains, la région donnait une impression d’harmonie. L’écrivain Guido Piovene a bien raison quand il dit, dans son Viaggio in Italia, que Reggio fait preuve d’une force tranquille.



Reggio, c’est la capitale de la région. Le quartier historique y bout d’intense activité et à la fois de tranquillité tout comme dans les temps anciens.

On a l’impression de mettre les pieds dans les traces laissées par l’Histoire, quand on parcourt l’antique via Emilia. Elle traverse toute l’Emilie depuis 187 avant notre ère. On y voit tout du long, et selon l’endroit, d’imposantes fermes, des entreprises florissantes, des commerces luxueux.

Reggio est une vraie ville italienne, très attachante. Avec des trésors architecturaux à chaque coin, elle n’en manifeste pas moins une convivialité extraordinaire.

Tous les commerces ouvrent leurs portes sur moult trésors, présentés avec soin. On trouve tout ce qu’on cherche, le salami Fellino, les tortelli fourrés aux bettes, la vaisselle à ne savoir laquelle choisir, le petit pull « si italien ».

Reggio se présente toujours selon le plan que lui a donné le cours du torrent Crostolo, dévié au XIIIè siècle.

Elle est garnie d’innombrables places, toutes originales. Par tous les temps, on aime se promener piazza Fontanesi parce que ses portiques abritent la ballade, comme on le faisait déjà au Moyen Age. On emprunte le Broletto, charmant passage couvert, dont les surprenants décors de Francesco Fontanesi datent de la fin du XVIIIè, et on arrive à la piazza del Monte et à la piazza Prampolini, la plus vaste de Reggio.

Il Duomo est orné de sculptures maniéristes. A côté se dresse le Baptistère, avec sa façade Renaissance.

La Basilique San Prospero attire le regard avec sa façade de briques, elle aussi d’inspiration Renaissance. Six lions en marbre de Vérone ornent le parvis. A l’intérieur, Le Jugement Dernier de Camillo Procaccini est bien connu des amateurs.





Quand nous sommes en Emilie, nous faisons régulièrement le déplacement jusqu’à Carrare, mon mari est sculpteur.

Pour y aller, nous passons par Torrechiara, où nos yeux s’émerveillent devant le château aux tours arrondies, dont aucuns prétendent qu’il est le plus beau de la région. On dit que l’origine du nom de Torrechiara –tours claires- vient de ce qu’à l’origine, l’édifice était peint en couleurs claires.

Voir aussi Carrare et ses carrières de marbre http://www.italie1.com/marbre-de-carrare-6150.html


Françoise Beck


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